Cela pourrait paraître évident, aimer son enfant tel qu'il est. Une petite personne en devenir qui se construit jour après jour. Pourtant aimons-nous réellement nos enfants pour ce qu'ils sont vraiment ? Dans notre société ou l'on n'existe souvent qu'à travers ce que l'on a accomplit, je me suis souvent posé la question.

Bien entendu j'aime ma fille et ce d'un amour immensurable peut être parfois un peu étouffant, un amour de mère tout simplement : intense, fusionnel, maternel. 

littlegirl

Pour autant comme beaucoup de parents, j'ai moi aussi observé, comparé, jaugé ma fille par rapport aux autres enfants. Oh malgré moi et je m'en suis de suite voulu mais oui j'aurais parfois moi aussi aimé que ma fille fasse ci, ne réagit pas comme ça, arrive à faire ça...

Je ne voulais pas au fonds me l'avouer mais il m'est arrivé de ne pas l'aimer pour l'enfant qu'elle était vraiment mais pour ce que j'aurais aimé qu'elle soit. C'est sans doute un constat difficile à faire mais c'est également le constat le plus humain qu'il soit.

Et puis j'ai eu ce déclic, ce jour où je me suis confiée déçue que ma fille ne marche pas. Les mots sont sortis, je lui en voulais de ne pas marcher alors que tous ses petits copains galopaient déjà depuis des mois. 

Au fond de moi ce n'était pas une déception mais une peur qui m'envahissait, celle légitime à tout parent qui s'inquiète pour son enfant qui est différent des autres. Et j'ai compris, que cela ne servait à rien, que ma fille ne marcherait que quand elle serait prête : ça serait demain, ça serait dans un mois ou deux ou trois,... Rien n'était écrit. Et puis si elle ne pouvait jamais marcher, ne l'aurais-je pas aimer ? Bien sûr que si et je m'en suis vraiment voulue d'avoir pu être déçue de ce que ma fille n'arrivait pas encore à faire. 

Je devais juste lui faire confiance, lui accorder une seule chose : mon amour. Celui d'une mère qui aime son enfant, qui croit en ses capacités et à sa faculté à apprendre, découvrir et à transmettre lui aussi de l'amour.

Jour après jour, j'ai appris. A ne pas en vouloir plus, à profiter de chaque petite chose qu'elle me donnait et de surtout lui laisser le temps, celui qui lui fallait à elle, pas au petit voisin. J'ai arrêté de voir ce qu'elle ne savait pas encore faire mais me suis émerveillée de tout ce qu'elle réussissait déjà à réaliser : cette liste s'agrandissait chaque jour !

Aujourd'hui je peux le dire j'aime ma fille telle qu'elle est avec toutes ses qualités, ses dons exceptionnels, je savoure chacune de ses petites victoires - aussi infimes peuvent-elles paraître aux yeux des autres- car je sais que c'est la seule chose dont elle a besoin que l'on croit en elle.

Je l'aime quand elle me couvre de bisous, quand elle fait non dans le tête pour préférer serrer son nounours, quand elle se couche par terre en tapant de pieds, quand des larmes coulent sur ses joues car j'ai prononcé le méchant mot "non",... 

Peut être que ma fille ne parle pas, qu'elle sait pas dire papa ni maman, qu'elle commence seulement à marcher et souvent maladroitement mais je l'aime tout simplement peu importe ce qu'elle fait, ce qu'elle réussit ou pas, et ce sera toujours ainsi et chacun de ses petits progès me rendent encore plus fière d'elle