Je tenais vraiment à écrire cet article sur ce sujet sensible qu'est l'allaitement et vous raconter comment le mien se passe. Enceinte, j'avais bien envie d'allaiter surtout parce que je voulais donner à mon bébé ce qu'il y avait de meilleur pour lui : le lait maternel. Mais j'avais de nombreuses craintes : ne pas avoir assez de lait, ne pas savoir m'y prendre, ne pas aimer ça, être trop fatiguée mais surtout avoir mal. S'il y a bien une chose que je nétais pas prête à endurer pour allaiter c'était de souffrir. 

Du coup je m'étais dit que je tenterais l'allaitement mais sans me mettre trop de pression. Que je verrais bien si ça me convenait à moi comme à elle mais que si ça ne fonctionnait pas tant pis. 

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Photo Copyright by Nessaandcalimon  

Aujourd'hui mon allaitement se passe à merveille. Je prends un vrai plaisir à allaiter ma fille et je ne souffre pas ! Mais les débuts n'ont pas été faciles, il faut s'accrocher et se dire que ce n'est qu'un mauvais moment à passer. Cela fait maintenant 5 semaines que j'allaite et je peux enfin dire que mon allaitement est bien rodé.

Autant vous prévenir dès maintenant, cet article va être un article à rallonge. 

Un début chaotique : 

Ma sage-femme m'avait prévenu que les premiers jours d'allaitement seraient un peu difficiles à gérer. J'ai vécu ça comme un véritable chaos. Déjà, il faut savoir que les premiers jours on ne produit pas encore de lait mais du colostrum (oui je vous apprends pas grand chose là ^^).

C'est assez perturbant car j'avais l'impression de ne rien donner à ma fille quand elle tétait. 

Autre problème, babygirl s'endormait sur le sein, du coup je devais sans cesse la stimuler, la réveiller, aller la changer et lui proposer sans arrêt le sein. Devoir sortir ses seins 20h sur 24 (et j'exagère à peine) commençait à me peser : je ne supportais plus qu'on me tripote, qu'on bouge ma fille dans tous les sens quand elle tétait (ça me faisait un mal de chien alors que à elle seule elle ne me faisait jamais mal). On me gonflait qu'elle ne prenait pas assez, qu'elle devait téter plus, que sinon je ne rentrerais pas à la maison,...

Du coup, un soir j'ai craqué et j'ai décidé de n'écouter plus que deux personnes : moi et ma fille. J'étais persuadé d'une chose : ma puce n'allait pas se laisser mourir de faim. Je refusais donc désormais de la réveiller pour la mettre au sein : c'était à chaque fois contre productif, elle me mâchouillait le sein (de quoi chopper des crevasses ma hantise) et finissait par s'endormir. Par contre, au moindre signe d'éveil, je lui proposais le sein : très vite, elle a compris le truc et s'est mise à bien téter. Et plus personne ne m'a rien dit...

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 Photo copryight by LyraWhite

La montée de lait :

Au 3ème jour mon sein droit à commencer à bien gonfler et à engorger mais ce n'était pas encore douloureux. Le lait commençait à monter. Ça a ensuite été le tour du sein gauche. Toute de suite cela m'a rassuré, j'avais du lait et en abondance même (de quoi ouvrir une laiterie xd). De retour à la maison, j'ai commencé à beaucoup engorger et à vraiment souffrir. J'avais l'impression d'avoir une poitrine en béton et des seins qui pesaient plusieurs kilos. J'ai envoyé chéri en urgence me chercher des soutiens gorge d'allaitement à ma taille car ma poitrine était juste devenue immense, j'étais passé à un 90 B avant ma grossesse à du 95 E 0-0 

Ce qui me soulageait le plus était les douches bien chaude et de tirer manuellement mon lait. Dès que je le pouvais je mettais babygirl au sein ce qui me soulageait énormément. Mais ma puce ne tétait pas assez par rapport à ma production du lait. La nuit, mon lit était trempé, je ne savais comment me positionner tellement mes seins étaient durs et douloureux. 

Heureusement ça n'a duré que quelques jours, le temps que ma production de lait s'adapte à la demande de bébé. C'est vraiment une période dure à passer mais surtout il faut se dire que c'est que provisoire et que ça ne restera pas ainsi (heureusement !).

Le pic de croissance ou comment tout recommencer à zéro 

Au bout de trois semaines, je commençais à bien gérer mon allaitement, babygirl tétait encore assez fréquemment toutes les deux/trois heures environ mais je n'engeorgais plus et la nuit elle ne se réveillait plus que deux fois par nuit.

Et là, j'ai eu le droit à son premier pic de croissance : un cauchemar. 

Mademoiselle râlait, demandait sans cesse le sein,  tétouillait sans grande conviction, prenait le sein, le recrachait, quasiment toutes les heures. J'étais épuisée, à nouveau l'impression de ne faire que ça, à nouveau les engorgements... Je comprends pourquoi tant de femmes arrêtent d'allaiter lors de ce premier pic de croissance.

Heureusement j'avais déjà lu de nombreux témoignages à ce sujet et je savais qu'il fallait donner le sein dès que bébé demandait, c'était la seule solution pour que la production de lait s'adapte aux nouveaux besoins de bébé. 

Le pic a duré une petite semaine qui m'a semblé une éternité et bébé a retrouvé un bon rythme d'allaitement. Elle ne demande désormais plus que toutes les 3/4 heures environ même si parfois elle fait des tétées plus ou moins rapprochées. Et il lui arrive de faire ses nuits même si en général elle se réveille au moins une fois par nuit pour faire une grosse tétée nocturne. 

L'allaitement n'est à mon sens pas quelque chose d'inné, il faut laisser le temps à notre corps de se roder.  La nature est certes bien faite mais ça ne fait pas de l'allaitement quelque chose de facile. 

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Photo Copyright by Beaunestor

Ce que j'ai appris/compris de l'allaitement : 

- il faut écouter son corps et bébé : désormais on est presque synchro avec bébé, souvent quand mes seins commencent à être tendus, bébé se réveille dans les minutes qui suivent pour téter

- prendre le temps de bien positionner bébé : c'est l'assurance de ne pas souffrir et de ne pas avoir de crevasses, ne pas hésiter à repositionner bébé plusieurs fois pour qu'il prenne correctement le sein. J'avais lu qu'il fallait alterner les positions mais moi il y a qu'une seule dans laquelle je suis à l'aise donc je garde toute le temps celle-ci et cela ne m'a pas causé de soucis.

- au début il ne faut pas hésiter à mettre bébé au sein le plus souvent possible au moindre signe d'éveil : c'est épuisant mais c'est ce qui va permettre la montée de lait et d'avoir une bonne production de lait. Par contre, pour ma part je ne l'ai jamais réveillé pour la faire téter comme je vous ai expliqué

- en cas d'engorgement : les douches chaudes peuvent aider à soulager, bien vider son sein manuellement (bannir le tire lait qui empirerait la chose) après chaque tétée,  là encore bébé est le meilleur remède

- bien protéger ses mamelons pour éviter les crevasses surtout les premiers jours d'allaitement : j'ai utilisé la crème d'Avent qui pue et est bien grasse xd mais qui est vraiment top. Maintenant que tout est bien rodé, je n'utilise plus rien. On peut également faire couler un peu de lait et masser les mamelons avec.

éviter si possible le tire lait tant que l'allaitement n'est pas bien rodé, cela peut perturber la bonne mise en place de l'allaitement

- le biberon ou la tétine ne ruineront pas l'allaitement : des fois il faut mieux donner un biberon et se reposer que de péter un cable parce qu'on n'en peut plus. Je n'ai pas eu recours au biberon mais par contre je donne la tétine à ma fille et cela n'a jamais perturbé l'allaitement. Babygirl a un grand besoin de sucion et il était hors de question de servir de sucette vivante...

Aujourd'hui j'appréhende beaucoup l'arrêt de l'allaitement, vu que je travaille je devais arrêter d'allaiter ma fille à deux mois et demi. Au final, je me rends compte que je ne suis pas du tout prête à la sevrer aussi tôt. Je vais donc essayer de conserver la tétée du matin et lui donner le sein à volonté dès que je rentrerais le soir. Mais comme je ne pourrais pas tirer mon lait au travail, je ne sais pas si cela sera suffisant pour que je continue à avoir assez de lait. Au moins, j'essayerais et on verra bien. Il y a quelques mois, je n'aurais jamais pensé pouvoir tant aimer allaiter ma fille, c'est vraiment un lien magique que l'on crée avec son bébé.  Je ne regrette vraiment pas d'avoir perséverer malgré la fatigue et les coups durs.